Quelles institutions pour l'avenir?

**teLa thèse que je voudrais défendre ici c’est que dans un monde de plus en plus liquide, il faut des îles sur lesquelles survivre : des institutions. Mais à quoi doivent-elles ressembler ?
1 - L’image d’un monde devenu liquide (Zygmunt Bauman) est une belle métaphore du résultat sous nos yeux, de l’action conjuguée du Diable (les apprentis sorciers du libéralisme économique, adorateurs du Marché mondialisé) et du Bon Dieu (les forces démocratiques qui poussent sans cesse plus loin les revendications de liberté et d’égalité pour tous les opprimés, les méprisés, les ignorés).
Ce qui faisait tenir solidement le monde d’avant les années 70, les Institutions patriarcales, patronales, accadémiques, patriotiques et religieuses s’est effrité, fissuré sous les coups des mouvements antiautoritaires, antiracistes et d’émancipation individuelle. Et à partir des années 90, c’est l’offensive néolibérale de la Finance mondialisée qui est venue démanteler les institutions étatiques de régulation et de plus en plus, l’Etat social (Protection sociale et chômage).
L’impuissance et le discrédit actuel des états (le nôtre en particulier) est d’abord le résultat de ce double glissement de terrain et pas seulement de la médiocrité de nos dirigeants.

2- Ce qui émerge de ce nouveau paysage c’est l’individu (fortement scolarisé et détenteur d’un « pouvoir d’achat »)- à la fois émancipé des contraintes patriarcales, communautaires et religieuses pouvant enfin décider de son destin

  • et à la fois isolé, fragilisé, privé des solidarités traditionnelles et du sens d’un destin collectif, d’une croyance partagée en l’avenir.
    3 – Nous, militants de divers collectifs et associations, syndicats et partis politiques nous nous rendons compte de la fragilité de toute nos « mobilisations » : à peine la pétition bouclée et remise aux « autorités », le rassemblement ou la manif dispersée …on lit la presse, on se réjouit ou se lamente et… on stagne. Car rien de plus fluctuant que ces « mobilisés » par milliers le temps d’une signature sur internet ou d’une manif dans la rue et qui disparaissent le lendemain laissant une dizaine de « militants » déconcertés.
    4 – La première chose qu’il nous faut solidifier, c’est la qualité des débats. Beaucoup d’entre nous ont soif d’approfondissements, d’analyses argumentées et à l’inverse, en ont marre des phraseurs polémiques qui pensent plus à se mettre en valeur en faisant vibrer la salle qu’à laisser la parole à ce.lles.eux qui ont modestement quelque chose à dire.
    Quel cadre construire pour que parlent ceux qui ont quelque chose à dire, pour qu’on les écoute avec attention, pour que s’échangent des arguments et qu’émergent des désaccords fructueux ?

Et ce lieu de débat en est peut-être le commencement !

xte en gras**

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